La forêt

© Musée des victimes du Génocide, Vilnius

Une enfance en déportation

  1. La faim
  2. Enfances au goulag
  3. La forêt
  4. Silva Linarte
 
 
 
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Indissociable de l’univers sibérien, la taïga représente un élément incontournable de la vie en déportation. La forêt apparaît comme un espace ambigu. Associée à la douleur des travaux accomplis par les déportés, placés dans des kolkhozes spécialisés dans l’exploitation forestière, mais aussi au gel et à la peur, la forêt offre également des compléments alimentaires indispensables. Entre 1941 et 1946, en particulier, alors que du fait de la guerre les conditions de vie des déportés sont épouvantables, baies, orties et autres végétaux sont consommés comme aliments ou remèdes de fortune. Les enfants, auxquels la cueillette incombe, le plus souvent, participent ainsi directement à la survie familiale.

La taïga constitue plus généralement un élément du quotidien des déportés : ils la côtoient, l’exploitent, la traversent. La majesté et l’étendue de la forêt sibérienne provoquent des chocs visuels, sonores ou olfactifs marquants. Intégrant l’espace privé de la maison, décorée par des fleurs ou des bois sculptés, l’environnement sibérien apparaît comme l’un des facteurs auxquels les familles se cramponnent pour apaiser la violence du déplacement et améliorer la dureté des conditions de vie.

Texte : Juliette Denis