Mémoires Européennes

du Goulag

ThémaTique

21
image description
×

Survivre  PAR LA DÉPORTATION

De nombreuses familles polonaises et baltes d’origine juive sont déportées en 1940 et 1941 en raison de leur origine sociale, de leur militance politique et idéologique ou en tant que réfugiés, ayant fui vers l’est la Pologne occidentale occupée par les Allemands. Échoués par la suite en Ukraine occidentale, désormais soviétique, ils se voient proposer la citoyenneté. Ceux qui la refusent sont déportés en Sibérie ou dans le Grand Nord. 

Seuls les Polonais peuvent quitter l’URSS à partir de 1942, suite à une amnistie et, en 1945, suite aux accords entre le gouvernement provisoire d’unité nationale de la république de Pologne et l’URSS. Les Baltes eux, devront attendre la mort de Staline pour pouvoir rentrer dans leur pays. 

Ce sont ces déportations, qui les éloignent de leur pays d’origine occupés entre-temps par les nazis, qui sauvent une partie d’entre eux de l’extermination. Ce douloureux paradoxe, dont ils prennent conscience à la fin de la guerre, semble mitiger, dans leurs récits, la souffrance de la déportation. Il teint aussi d’ambivalence sa remémoration et la transmission de sa mémoire, et constitue la spécificité de ces parcours dans l’expérience européenne du goulag.

Texte : Marta Craveri

Voir MÉDIA
Fermer

Témoignage de Rafails Rozentāls

« Mes grand-mères et mes grands pères, eux, étaient restés à Riga. Ils ont tous été assassinés dans le ghetto.
Vous savez, je tiens à souligner le fait que nous sommes restés en vie grâce aux communistes. Car si les communistes ne nous avait pas déportés, nous serions morts dans le ghetto. Mon père ne serait jamais parti, sa mère était très malade, ils étaient très proches, il ne l’aurait jamais quittée. C’est pourquoi les communistes nous ont sauvés la vie !

[...]

C’est tout à fait cela. Si nous n’avions pas été déportés, nous serions restés à Riga durant la guerre et nous aurions été tués dans le ghetto. C’est un des paradoxes de la vie. C’est vraiment ainsi. Il n’y avait pas de variantes. Mes parents ne seraient pas partis sinon. Tous sont restés là. Mes parents pensaient comme moi, bien sûr. On ne peut rien dire d’autre, c’est vraiment comme cela ! Car à Riga, tous ont été tués, à quelques exceptions près. »

Fermer

Henry Welch : «notre destin avait été bien meilleur»