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BioGraphie

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Kaspars  PŪCE


Kaspars Pūce est né le 2 août 1948 à Strenči, en Lettonie, d’un père réalisateur et metteur en scène et d’une mère actrice.

En octobre 1948, son père, Voldemārs Pūce, ayant vécu deux ans en Allemagne suite à l’occupation allemande de la Lettonie, est arrêté pour antisoviétisme et collaboration avec les fascistes. Après plusieurs mois d’emprisonnement en Lettonie, il est condamné à 25 ans de détention avec régime strict (строгий режим) en février 1949 et est envoyé en détention à Vorkouta, dans le grand Nord russe.

Le 20 mars 1949, alors qu’il n’est âgé que de quelques mois, Kaspars et sa mère, Daila, sont déportés. Ils sont envoyés dans une localité longeant le fleuve Amour, dans l’Extrême-Orient russe, où ils vivront pendant sept ans. Depuis leurs lieux de déportation respectifs, les parents de Kaspars s’envoient de nombreuses lettres, en russe et en letton, qu’ils conserveront tous deux par la suite.

La mort de Staline en 1953 allège les conditions de vie des déplacés spéciaux. En juin 1956, Kaspars et sa mère sont autorisés à partir de la région d’Amour pour retrouver Voldemārs à Vorkouta. C’est la première fois que Kaspars voit son père, qui avait été arrêté alors qu’il n’avait que deux mois.

Un an plus tard, Kaspars et sa mère sont libérés, et les parents de Kaspars décident de le renvoyer en Lettonie afin de lui procurer une éducation lettonne et de lui faire découvrir son pays natal.

Kaspars part donc de Vorkouta avec une famille lettonne. Arrivé en Lettonie, il habite chez sa tante et commence l’école lettonne. La première année d’école s’avère particulièrement difficile, Kaspars parlant bien plus facilement russe que letton. Ses parents, eux, restent à Vorkouta. Ce n’est qu’à la libération de Voldemārs, en juin 1959, qu’ils rentrent, avec leur nouvelle-née, Dace. Le père de Kaspars peine tout d’abord à retrouver du travail, du fait de son ancienne condamnation. Il parviendra toutefois à reprendre le fil de sa carrière et deviendra un réalisateur reconnu.

Kaspars, lui, devient acteur. Vivant toujours à Riga, il écrit actuellement les mémoires de son père.

L'entretien avec Kaspars Pūce a été conduit en 2018 par Amine Laggoune.

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Le parcours de son père 1/2 (VO en russe)

Kaspars Pūce raconte le parcours de son père, cinéaste letton reconnu, pendant les occupations successives de le Lettonie.
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Le parcours de son père 2/2 (VO en russe)

Kaspars Pūce raconte le parcours et l'arrestation de son père en octobre 1948.
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La déportation (VO en russe)

Kaspars Pūce raconte sa déportation, avec sa mère, vers la région de l'Amour, dans l'Extrême-Orient russe.

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Correspondance Amour-Vorkouta (VO en russe)

Kaspars Pūce raconte la correspondance qu'ont entretenus ses parents quand lui et sa mère étaient sur les rives de l'Amour et que son père était à Vorkouta.

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Un "Ded Moroz" aux couleurs de la Lettonie (VO en russe)

Kaspars Pūce raconte comment son père, alors qu'il était emprisonné à Vorkouta, a confectionné une poupée de Ded Moroz (Saint Nicolas) aux couleurs du drapeau letton.

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Apprendre le letton à contre-cœur (VO en russe)

Kaspars Pūce raconte comment sa mère et quelques femmes lettonnes, également déportées, le forçaient à lire et parler en letton dans le cadre privé.

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Retrouvailles avec son père à Vorkouta (VO en russe)

Kaspars Pūce raconte les retrouvailles avec son père, en 1956, après l'assouplissement des conditions de mouvement des déportés.

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Réapprendre le letton au retour (VO en russe)

Kaspars Pūce raconte les difficultés du retour, notamment liées à sa mauvaise connaissance de la langue lettonne.

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Devenir pionnier (VO en russe)

Kaspars Pūce raconte pourquoi il a voulu, étant jeune, devenir pionnier.
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Statuette de Cupidon réalisée par Voldemārs Pūce à Vorkouta et envoyée à sa femme pour ses 30 ans (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright. Statuette de Cupidon réalisée par Voldemārs Pūce à Vorkouta et envoyée à sa femme pour ses 30 ans (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright. Détail de la base de la statuette de Cupidon réalisée par Voldemārs Pūce en 1954. On peut y lire le nom de la localité où se trouvait sa femme. (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright. Statuette réalisée par Voldemārs Pūce en 1956, dédiée aux travailleurs de Vorkouta (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright. Statuette réalisée par Voldemārs Pūce en 1956, dédiée aux travailleurs de Vorkouta (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright. Détail de la base de la statuette réalisée par Voldemārs Pūce dédiée aux travailleurs. On peut y lire le nom de "Vorkouta". (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright. Détails de pièces d'échecs en bois et os réalisées par Voldemārs Pūce à Vorkouta entre 1953 et 1954 (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright. Détails de pièces d'échecs en bois et os réalisées par Voldemārs Pūce à Vorkouta entre 1953 et 1954 (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright. Détails de pièces d'échecs en bois et os réalisées par Voldemārs Pūce à Vorkouta entre 1953 et 1954 (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright. Kaspars Pūce assemblant les pièces d'échecs réalisées par son père, Voldemārs Pūce, à Vorkouta entre 1953 et 1954 (Photographie, Amine Laggoune, 2018). Source: Mémoires Européennes du Goulag. Sous copyright.

Artisanat de Voldemārs Pūce à Vorkouta

Lors de son emprisonnement à Vorkouta, Voldemārs Pūce a réalisé plusieurs objets. Kaspars Pūce a conservé ces objets. On trouve notamment dans cette collection deux statuettes. Une première représente Cupidon et a été envoyée à la mère de Kaspars Pūce en 1954, pour les 30 ans de cette dernière. Une seconde, réalisée en 1956, est dédiée aux travailleurs de Vorkouta. Kaspars Pūce a également conservé un jeu d'échecs confectionné par son père, entre 1953 et 1954, à partir de bois et d'os trouvés en Sibérie.