Europejska pamięć

o Gułagu

BioGrafie

Marytė  KONTRIMAITĖ

Marytė Kontrimaitė naît à Vilkaičiai en Lituanie soviétique, en 1947.  En 1948, ses parents sont inclus dans la liste des personnes à déporter. Ils réussissent à se cacher pendant une année, quand, en 1949, ils sont arrêtés et envoyés avec Marytė en Sibérie. Cette dernière n’a que deux ans. Durant le voyage, un soldat de l’escorte, alors qu’elle gît inanimée, estime qu’elle est décédée et demande à son père de la jeter par-dessus bord. Son père refuse avec fermeté, et exige le constat d’un médecin. Le soldat trouve un médecin envoyé en déportation, dans un autre wagon, qui la sauve. 

Arrivés dans la région d’Irkoutsk, ils sont installés dans le village de Bodaïbo. À plusieurs reprises, le médecin, qui avait sauvé Marytė durant le transport, et qui est déporté dans le même village, les aide lorsqu’ils sont malades. Ils vivent dans des baraquements. Le père de Marytė use de ses savoir-faire d’artisans pour s'intégrer aux habitants. Cela donne à leur famille de meilleurs conditions de vie. Sa mère, qui avait été institutrice en Lituanie, a organisé une école gratuite pour les enfants lituaniens, où elle enseignant dans sa langue.

En 1956, ses parents la renvoient, seule, en Lituanie. Elle revient à Plungė non loin de son village natal, où sa tante, qui aurait dû être avertie par un télégramme envoyé par les parents, devait l’accueillir sur le quai du train. Personne n’étant présent, elle commence à appeler, à crier pour que la police vienne lui dire où aller, mais un employé des chemins de fer lui dit d’être beaucoup plus discrète, et l’accompagne dans sa famille. Elle a été, au début, déçue, car elle ne connaissait de la Lituanie que ce que les livres pour enfants lui disait, et elle imaginait un pays où il y avait partout des fleurs, y compris dans les branches des sapins. 

Elle poursuit alors ses études secondaires puis supérieures, et va travailler à Erevan, en Arménie, où elle s’installe. Elle acquiert quelques illusions sur le régime durant le dégel, mais très vite déchante, et l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie porte un coup final à son idéalisme. Elle revient ensuite travailler en Lituanie et vit aujourd’hui à Vilnius.

Alain Blum et Emilia Koustova

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Entretien avec Marytė Kontrimaitė, intégrale, VF

Nous vous proposons d'écouter ici l'intégrale de l'entretien avec Marytė Kontrimaitė, réalisé par Alain Blum et Emilia Koustova, à Vilnius, le 11 juin 2011 (interprétation vers le français par Emilia Koustova, réalisée dans les studios de RFI).

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Entretien avec Maryte Kontrimaite, intégrale, VO (russe)

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Silence

Elle ne parlait pas de ce passé : « A quoi bon ? Il y a rien eu d'extraordinaire. » Mais en 1987, elle l'a révélé publiquement.

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Pionnière et Komsomol

En Lituanie, Marite Kontramaite est devenue pionnière au moment du « dégel rose », puis membre du Komsomol. Sa mère était en colère, son père pleurait. Elle considérait qu'ils ne comprenaient pas que, désormais, on allait réellement maîtriser leur futur.

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Nostalgie et patriotisme en Sibérie

En Sibérie, ils se réunissent entre Lituaniens et chantent « Laissez-nous partir dans notre Patrie » ou lisent des poèmes. La mère de Marite Kontramaite parle beaucoup à sa fille de traditions et légendes. La petite se crée ainsi des images idylliques de sa patrie.

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Refuser d'entrer au Parti

Le père de Marite Kontrimaite refuse d'entrer au Parti, malgré la demande du directeur du Sovkhoze. Il rappelle sa déportation pour "justifier" qu'il "ne mérite pas" d'en être membre.