Mémoires Européennes

du Goulag

BioGraphie

40
image description
×

Jacow  SHATS

 

Jakow Shats naît en 1929 à Riga, en Lettonie, d’une famille aisée de la bourgeoisie, son père est pharmacien. Ils vivent dans un bel appartement du centre ville, et tous les étés ils s’installent dans leur maison de Jurmala, sur la mère baltique. 

Ils sont déportés la nuit du 14 juin 1941, dans la région de Krasnoïarsk. Son père, condamné aux travaux forcés comme «élément socialement dangereux», est séparé d’eux pour être envoyé en camp. Mais, par un coup de chance, pendant la nuit, les cheminots ne réussissent pas à détacher le wagon avec les hommes du train, et à l’arrivée des nombreuses familles sont ainsi à nouveau réunies.

Ses parents sont assignés aux travaux forestiers, Jakow passe ses journées dans la baraque, car faute de vêtements chauds il ne peu pas sortir ni aller à l’école. La vie est dure, les journée sont longues et tristes, la détresse de ses parents bouleverse la vie du  garçon qui, l’été, participe aux travaux agricoles pour aider la famille à survivre dans ces difficiles années de guerre.

Son oncle paternel est journaliste et réussit à la fin de la guerre à les faire libérer en s’appuyant sur les activités de mécène que le père de Jakow a exercé en faveur des prisonniers politiques dans la Lettonie d’avant-guerre.

En 1946 ils sont autorisés à rentrer à Riga, ils ne retrouvent pas leur appartement, mais le père pourra reprendre son travail dans une pharmacie et Jakow terminer ses études, devenir ingénieur et fonder une famille. Avec l’indépendance de la Lettonie, il se voit restituer sa maison à Jurmala, où il passe depuis ses étés en compagnie de sa femme.

 

Voir MÉDIA
Fermer

Le travail en déportation

Fermer

La guerre

Fermer

Le ghetto de Riga; Rumbulla; le camp de concentration de Kaiservald

Fermer

Le travail en déportation

« Ils nous ont fait descendre du train, nous ont mis dans des voitures et nous ont conduits au nord de Kansk dans le district de Taseevo. Et, là-bas, ils nous ont logés chez les habitants, ils nous ont pris nos passeports et ils ont donné à mon père un document avec lequel il devait signaler sa présence chaque semaine. C’est ainsi que notre séjour sibérien a commencé.

Mes parents ne pouvaient pas faire un travail intellectuel, ils n’y étaient pas autorisés. Ils pouvaient seulement accomplir des tâches physiques très difficiles, par exemple travailler dans les forêts, les kolkhozes, dans les camps. Il faut savoir que tous les déportés étaient des citadins et on n’était pas habitué aux travaux durs, dans les champs.

Il faut savoir aussi que dans cette région il fait très, très froid en hiver, cela peut descendre jusqu’à -50 °C. On n’était pas préparé à ce froid, nous avions été arrêtés et déportés en juin, nous n’avions pas pris de vêtements chauds avec nous ; il y avait de grands problèmes de ravitaillement, la population locale souffrait aussi du manque d’aliments, et beaucoup de déportés qui n’arrivaient pas à vendre ou à échanger leurs vêtements mouraient de faim.

Question : Avez-vous fréquenté l’école ?

Je n’ai pas fréquenté l’école car je n’avais pas de vêtements chauds pour sortir, et en hiver il fallait avoir des manteaux de fourrure, des chapeaux, des bottes chaudes et je n’avais pas tout cela. Ainsi, pendant trois ans, je n’ai pas fréquenté l’école et ce n’est qu’en 1944 que mes parents ont pu acheter des vêtements ; je suis alors allé à l’école, pendant deux ans. Nous avons passé cinq ans en Sibérie.

Question : Que faisiez-vous et votre sœur, quand vous n’alliez pas à l’école ?

 

On travaillait tous dans la famille, mes parents ont commencé à travailler car si on ne travaillait pas on n’avait pas d’argent et on ne pouvait pas acheter le nécessaire. Ma mère travaillait, ma sœur travaillait. En 1943, ma sœur aînée a été mobilisée à nouveau, envoyée encore plus à l’est, là où un chemin de fer était alors en construction.

Question : Quels travaux faisait votre famille, dans la région de Krasnoïarsk ?

On abattait des arbres, ma deuxième sœur a été mobilisée pour participer au flottage du bois. J’avais moins de 18 ans, j’étais mineur, mais j’allais aussi travailler avec ma mère dans les champs au kolkhoze, je l’aidais pendant les moissons, je participais ainsi aux travaux des champs. »

Fermer

Devenir Soviétique?

Fermer

Libération et retour: La libération du père

Fermer

Libération et retour : le retour en Lettonie

Fermer

Libération et retour - le retour - entraide

Fermer

Mémoire juive et mémoire lettone