Mémoires Européennes

du Goulag

BioGraphie

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Galina  MIKELIONINĖ ET ANTAS MIKELIONIS

Galina Titova-Mikelioninė naît en 1934 à Blagovechtchensk. Son père, citoyen de Chine, qui travaillait pour les services soviétiques de sécurité d’État en qualité de traducteur, est arrêté en 1938, et la mère de Galina, femme de ménage analphabète est déportée avec ses cinq enfants. À sa libération en 1940, le père de Galina repart en Chine, puis rejoint sa famille qui a été entre-temps secourue par la communauté chinoise de la région d’Amur. Cependant, en 1952, la famille se trouve de nouveau déportée à Tcheremkhovo. De son côté Antanas Mikelionis (né en 1931) est déporté avec ses parents et 3 autres de leurs enfants le 25 mars 1949, en tant que paysan aisé. Le père était parti dans les années 1930 aux États-Unis, y avait travaillé dans les mines, y avait même ouvert un cinéma et était revenu en Lituanie avec suffisamment de moyens pour acquérir une exploitation.

Antanas obtient le diplôme de fin d’études secondaires en 1952 et devient chauffeur. La même année, la mine de Tcheremkhovo lui suggère de suivre des études à l’école des mines. Antanas commence à travailler comme technicien qualifié dans la mine de Tcheremkhovo. Sa vie devient plus facile. Il pratique le sport en amateur au sein de l’entreprise minière, puis quitte la mine et devient professeur de sport dans plusieurs écoles professionnelles de la région.

Galina, secrétaire au sein d’une section du komsomol, rencontre Antanas en 1955. Vivant à Tcheremkhovo, il lui semble naturel de se rendre à des fêtes organisées par les jeunes Lituaniens déportés. La famille Mikelionis est libérée en octobre 1956 et prépare le retour l’année suivante, mais Galina ne réussit pas à s'insérer dans la société lituanienne dans cette société et au sein d’une famille pratiquante, alors qu'elle est une jeune sibérienne athée. Antanas et Galina repartent à Tcheremkhovo où ils se marient en 1957.

La parole autour de l’expérience de la déportation et de ses raisons est assez libérée au sein de la famille. Ils en parlent au fils d’Antanas, Oleg, né en 1961.

La famille Mikelionis est réhabilitée en 1988.

Alain Blum et Irina Tcherneva

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Une komsomole et un déporté lituanien

Galina Mikolienė était une komsomole convaincue, mais cela n'a pas fait obstacle à son mariage avec Antanas, dont le père était violemment anti-stalinien. Elle n'a cependant pas voulu se marier à l'église, alors que la famille d'Antanas, les femmes autour d'elle, la poussait. Elle regrette aujourd'hui!

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L'absence de stigma

Le fils de Galina Mikelioninė n'a pas perçu à proprement parler de stigma conséquence de sa situation d'ancien déplacé spécial, malgré un nom lituanien qui n'offrait guère de doute sur ses origines, en ces territoires de Sibérie. Seule, peut-être, l'armée ne l'a pas affecté aux meilleurs régiments, en raison de son passé.