Zofia Helwing

 

Zofia Helwing naît en 1925 en Volynie, en Ukraine occidentale, alors polonaise. Son père était ingénieur et sa mère issue de la noblesse terrienne de la région de Wilno. En septembre 1939, alors que son père et son frère se trouvent à Varsovie, Zofia et sa mère sont expulsées de la propriété familiale, dès l’entrée de l’armée Rouge. Elles sont arrêtées et déportées en juin 1940 dans la région d’Arkhangelsk, où elles travaillent à la coupe de bois. Sa mère y organise des cours du soir pour empêcher la soviétisation des enfants des déportés.
Fin août 1941, amnistiées, elles se dirigent en Russie occidentale, à Kamichine non loin de Stalingrad, et travaillent dans une unité de défense de la ville. En 1942, avec la rupture des relations entre les gouvernements soviétique et polonais en exil, elles sont de nouveau arrêtées, envoyées au Kazakhstan et assignées aux travaux de construction des canaux d’irrigation. Isolées, elles n’apprennent que tardivement la création de l’Union des patriotes polonais (UPP) avec qui Zofia entre en contact. L’UPP les aide à se rapprocher de la Pologne et elles s’installent à Smila, en Ukraine occidentale. Zofia travaille alors comme chauffeur dans une usine, puis dans ses bureaux.
En mars 1946, à leur arrivée à Wrocław en Silésie, désormais polonaise, elles doivent faire face à l’absence de logement et au chômage. Apprenant le décès de son mari, mort au combat lors de la défense de Varsovie, sa mère plonge dans une dépression qu’elle ne surmontera jamais et Zofia doit subvenir à leurs besoins. Elle termine ses études en cours du soir, est active dans les milieux d’opposition et devient l’une des instigatrices de la création, en 1989, de l’Union des anciens de Sibérie. Ses mémoires ont été parmi les premières à être publiées dans le circuit officiel.