Vanda Valiutė Une correspondance amoureuse d'un camp à l'autre

 

Vanda Valiutė naît en 1927 dans un petit hameau lituanien, situé dans la paroisse de Kaltinėnai. Elle est arrêtée en 1946, car ses parents aident un oncle et un cousin qui se cachent dans la forêt et luttent contre les Soviétiques. Ses parents sont déportés, elle est envoyée dans un camp dans la région de Krasnoïarsk, puis dans le camp de Kengir (le camp de la steppe - Steplag). Après avoir fait des travaux de force, elle est affectée à un atelier où elle peut mettre en œuvre ses talents d’artiste peintre. Vers la fin de son incarcération, elle circule sans escorte. Elle est libérée peu après la mort de Staline, mais reste vivre dans les environs du camp et est témoin, de l’extérieur, de la répression de la révolte qu’y s’y déroule l’été 1954. Durant sa détention, elle débute une correspondance amoureuse suivie avec un autre détenu, qu’elle croisait de temps à autre lorsqu’ils circulaient tous deux sous escorte dans le camp pour aller travailler. Ils poursuivent cette correspondance jusqu’en 1956 alors qu'il avait était transféré dans un camp de la région de Magadan. Elle a conservé toutes les lettres qu'il lui a envoyées. Elles sont désormais déposées dans les archives de l'association Mémorial à Moscou. En 1963 elle rejoint ses parents qui vivent toujours dans la région d’Irkoutsk, où ils avaient été déportés. Ils ne réussissent pas à rentrer en Lituanie, par manque d’argent. Malgré quelques tentatives malheureuses postérieures à 1991 de retour en Lituanie, elle-même réside toujours dans ce village sibérien. Elle vit non loin d’un cimetière où de nombreuses tombes de Lituaniens sont toujours marquées par de très grandes croix, mais d’où les cercueils ont été retirés et rapatriés il y a quelques années en Lituanie. Elle poursuit ses activités d’artiste.