Valli Arrak

 

Valli Arrak est née en 1931, dans une famille de paysans estoniens. Après la guerre, son père est identifié comme koulak, il est arrêté et condamné à une peine de camp. Durant l’opération de mars 1949, sa mère, l’un de ses frères et elle-même sont déportés dans la région d’Omsk. Son second frère est parvenu à se cacher, et sa sœur, absente au moment de l’arrestation, a également échappé à la déportation.
Valli s’adapte difficilement au quotidien du kolkhoze sibérien. Elle souffre de l’hiver, des conditions de vie et de travail. La distance, bientôt l’incompréhension, qui la séparent de sa sœur restée en Estonie, et de son frère rendu malade par la déportation, la plongent dans une grande mélancolie. Cependant, le déménagement dans le village d’Ivanovka s’accompagne d’une relative normalisation des conditions de vie. Les déportés estoniens côtoient des familles locales russes, des Allemands de la Volga exilés au début de la Grande Guerre patriotique, des déplacés kazakhs, ou encore des Ukrainiens relégués après la guerre. Chaque groupe partage avec les autres ses coutumes, ses fêtes, voire quelques loisirs qui ponctuent les rythmes des travaux.
Libérée en 1957, elle rentre en Estonie et s’installe à Tartu. Elle a conservé avec ses anciens camarades de Sibérie des relations intimes qui maintiennent les solidarités nées en déportation.