Teodor Shanin

 

Un jour de juin 1941, alors que les Allemands se rapprochent de Vilnius, capitale d'une Lituanie soviétique depuis peu, un officier du NKVD accompagné de soldats arrive au domicile de Teodor Shanin, pour arrêter sa famille en raison de leurs origines sociales. Teodor a 11 ans, il se trouve là avec ses parents et sa petite sœur de 4 ans. L’officier a cependant un geste étonnant : il leur dit que, compte-tenu des contrées difficiles où ils allaient être déportés, il fermerait les yeux s’ils laissaient la petite sœur à quelqu’un. Ce qu’ils firent, en la confiant au grand-père.

Le père est condamné aux travaux forcés et envoyé dans un camp en Sibérie. Teodor et sa mère commencent alors un long voyage de déportation dans divers villages, depuis les montagnes de l’Altaï jusqu’à Samarcande. Son père, une fois libéré des camps, les rejoint et, la guerre finie, Teodor quitte le pays en passant par Vilnius pour rechercher sa sœur. Il ne la retrouve pas. Elle a subi le sort de tous les Juifs de Vilnius, et été fusillée très vite après l’arrivée des Allemands dans la ville.

Teodor part alors en Pologne, qu’il fuit rapidement, en raison des violences antisémites. Il rejoint la France, Israël, puis l’Angleterre où il devient professeur d’université et l'un des plus grands spécialistes de la paysannerie russe. Dès le début de la perestroïka, il enseigne en Russie, tout en continuant son travail en Angleterre.