Stella Jankovska

 

Fille unique d’un couple de Juifs polonais, Stella Jankovska est née à Lwow (aujourd’hui L’viv en Ukraine) en 1929. C’est dans cette ville qu’elle passe son enfance dans un foyer aisé, où son père pharmacien mène l’officine, assisté de sa femme.

A l’été 1939, face à l’accroissement des tensions internationales, Stella est éloignée de Lwow et mise en pension dans une famille des Carpates. Avec l’invasion allemande et la mise en place de la frontière germano-soviétique, l’enfant se retrouve coupée de ses parents. Sa mère parvient néanmoins à la faire revenir à Lwow où elle arrive début 1940, alors que son père, officier dans l’armée polonaise a été fait prisonnier. Le retour à Lwow n’est que de courte durée. Un matin d’avril 1940, les hommes du NKVD font irruption dans la maison, ordonnent de préparer rapidement quelques bagages avant d’escorter la mère et l’enfant jusqu’à la gare, où d’autres comme elles s’engouffrent dans des wagons à bestiaux, pour une direction inconnue qui sera le Kazakhstan.

Stella y passe toute la guerre. Sa mère est d’abord employée dans une ferme collective. Puis, après l’amnistie proclamée à l’égard des Polonais déportés, en août 1941, les deux femmes se réfugient en ville où Stella se lance dans le trafic de vêtements et autres trocs, tandis que sa mère trouve un poste d’enseignante.

Début 1946, elles reçoivent l’autorisation de rentrer en Pologne et débarquent après plusieurs semaines de voyage dans les « nouvelles »  terres conquises sur les Allemands, à l’Ouest. Stella retrouve son père, libéré, mais n’obtient aucune information sur le sort des membres de la famille restés à Lwow, qui périrent dans l’Holocauste. Elle entreprend à Wroclaw des études de médecine, devient médecin, fonde un foyer, met au monde une fille. Retraitée, elle vit aujourd’hui à Wroclaw.