Sandra Kalniete

 

 

Sandra Kalniete naît à Togour, en Sibérie, en décembre 1952, de parents déportés lors des deux grandes vagues qui ont touché la Lettonie – sa mère lors des opérations de juin 1941 ciblant les «élément socialement dangereux», son père en 1949 car fils de «bandit», les résistants qui se battent contre l’armée Rouge et la soviétisation de la Lettonie.

Sandra découvre la terre natale de ses parents à l’âge de 5 ans et elle y grandit en bonne Soviétique ignorant, jusqu’à l’age adulte, presque tout des souffrances endurées par ses parents. La découverte de ces souffrances constitue chez elle un «traumatisme après coup». Elle se sent alors responsable de la transmission d’une nouvelle mémoire, construite en héritage, et devient la représentante et le symbole des souffrances collectives lettones.

Ainsi Sandra Kalniete devient l’un des membres fondateurs du Front populaire de Lettonie et l’un des acteurs politiques de la transition lettone, occupant les postes d’ambassadeur auprès de ONU, puis de ministre des Affaires étrangères et enfin de commissaire européenne.

Après avoir lu Les Cygnes sauvages de Jung Chang, elle décide d’écrire l’histoire de sa famille, maternelle et paternelle. Ses mémoires, publiées en 2001, et traduites en plusieurs langues (en français sous le titre de En escarpins dans les neiges de Sibérie) deviennent rapidement une référence majeure du récit mémoriel public de la répression soviétique en Lettonie. Actuellement député européenne, elle milite pour que cette répression soit reconnue par les instances européennes comme «génocide».