Miia Jõgiaas

 

Miia Jõgiaas naît à Tartu, en Estonie, en mars 1931. A l’âge de 17 ans, pendant les dernières années de lycée, elle cherche, avec ses copines, un moyen de montrer son mécontentement face au régime soviétique qui est en train de s’imposer dans son pays. Elle découvre l’existence d’une organisation clandestine de jeunes étudiants et participe à leurs activités. En automne 1950, elle est arrêtée avec des amies pour avoir distribué des tracts et brûlé le monument « aux libérateurs » de l’armée Rouge. Elle est condamnée à 10 ans de travaux forcés qu’elle purge dans le Rechlag de Vorkouta, le camp pour prisonniers particulièrement dangereux dans la république des Komi.
Au début, elle travaille à la construction de voies ferrées, puis dans une fabrique de briques. Le travail est épuisant et les conditions de vie très dures. Mais Miia a toujours à côté d’elle ses amies d’enfance, Rita et Ellen, et ce lien d’amitié l’aide à surmonter la peur, la solitude, les épreuves du camp, et à rentrer, en mai 1956, à Tartu.
Elle devient jardinière et se marie avec un camarade du même groupe clandestin qu’elle, lui aussi libéré des camps après la mort de Staline, mais ils n’auront pas d’enfants car «peut-être là-bas il faisait trop froid et quelque chose est arrivé…».