La répression dans les territoires annexés à l'URSS - 1944-1952

 

Après la victoire de Stalingrad par les Soviétiques, en février 1943, et l’avancée de l’armée Rouge à l’Ouest, des nouvelles déportations sont organisées.
Dans les pays baltes, sont arrêtés et déportés principalement ceux qui ont collaboré avec les nazis, ceux qui sont partis travailler en Allemagne, de matière forcée ou volontaire, et les partisans des formations qui combattent contre l’armée Rouge. Plus tard, les Soviétiques lancent de nouvelles opérations de déportation, au printemps 1948 en Lituanie, puis au début de l’année 1949 dans tous les États baltes, visant les paysans qui s’opposent à la collectivisation des exploitations agricoles et qui fournissent souvent de l’aide aux partisans.
En Pologne, sont déportés les officiers et les soldats de l’Armia Krajowa (AK), l’armée de résistance polonaise contre l’occupant allemand, créée en 1942 par le gouvernement polonais en exil à Londres, et qui est active sur tout le territoire de l’État polonais d’avant 1939. Pendant la brève période d’existence du gouvernement provisoire d’unité nationale de la république de Pologne, formé par les Soviétiques en 1944, la police politique soviétique procède à plusieurs opérations de déportations ayant pour cibles les membres de la résistance nationale contre les nazis. Fin 1945, est créé le ministère de la Sécurité polonaise (MBP) qui se charge de continuer cette répression.
En Ukraine occidentale, désormais soviétique, les activistes et les sympathisants de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) sont réprimés ainsi que les officiers et soldats de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), les collaborateurs et les soldats de la Division Galicia, une armée volontaire des Waffen SS. Des milliers de familles paysannes sont déplacées de force en Sibérie, considérées comme le principal soutien des nationalistes.
A partir de 1945, un nombre important d’«Allemands ethniques» (Volksdeutsche) se trouvant sur les territoires libérés par l’armée Rouge, en Yougoslavie, Bulgarie et Tchécoslovaquie, ainsi que sur ceux des pays ayant été alliés de l’Allemagne, Hongrie et Roumanie, sont déportés en URSS.
La Hongrie et la Tchécoslovaquie sont aussi touchées par la répression systématique de nombreuses personnes pouvant constituer un obstacle à l’instauration d’un régime communiste dans ces pays, tandis que dans leurs territoires frontaliers avec l’Ukraine, d’importants transferts forcés de population sont entrepris par les Soviétiques. En Allemagne et en Hongrie, les Soviétiques pratiquent des rafles de jeunes femmes et hommes qui sont envoyés dans des camps de travail en URSS pour contribuer à la reconstruction du pays.

Texte : Alain Blum et Marta Craveri