La faim

© Musée des victimes du Génocide, Vilnius

Une enfance en déportation

  1. La faim
  2. Enfances au goulag
  3. La forêt
  4. Silva Linarte
 
 
 
fr:736
ru:892
en:916
pl:917
 

La faim, ne pas manger à sa faim, avoir constamment faim, être obsédé par la recherche de quelque chose à manger, être atteint du scorbut ou de cécité nocturne, par manque de vitamines, tels sont les états physiques et psychologiques présents dans presque tous les récits de nos témoins et tout particulièrement dans les récits de ceux qui étaient enfants lors de leur déportation. Nombreux parmi eux perdirent leurs parents, leurs frères et leurs sœurs, suite aux difficultés à trouver des produits comestibles, y compris du lait pour les nourrissons. Certains, au moment de quitter leur maison, avaient pris avec eux des habits, des objets utiles qu'ils purent par la suite échanger, avec les gens sur place, contre de la nourriture. Tous apprirent à cueillir, dans les bois, les champignons, les racines et les fruits, quand la saison le permettait. Ceux qui furent déportés avant l’invasion allemande de l’URSS en souffrirent encore d’avantage. Pendant la période de guerre, dans les camps de travail, environ un million de prisonniers moururent et le taux d’invalidité toucha 22 % d’entre eux. Dans les villages éloignés du Grand Nord et de Sibérie, où avait été reléguées des milliers de familles, la disette était le quotidien des déportés comme des autochtones.

Texte : Marta Craveri