Juozas Eidukiavičius Coupable à vie

 

Juozas Eidukiavičius naît en 1929, en Lituanie. Ses parents possédaient 11 hectares de terre. Il a 14 ans quand il commence à travailler. En 1948, son père et lui sont arrêtés. Il est condamné à 25 ans de camp, pour activité nationaliste, accusé d’aider les Lituaniens qui luttent contre les Soviétiques.

Sa mère et sa sœur sont déportées l’année suivante – il ne l’apprendra qu’en 1955. Il est d’abord envoyé à Inta, dans le nord, puis à Vorkouta. Il se souvient de son arrivée dans ce camp, avec d’autres Lituaniens, où les prisonniers craignaient l’arrivée de ces «fascistes».

On menace de le fusiller, au moment de la mort de Staline, car il refuse de se lever lorsque la sirène retentit. Il s’enfuit peu après, avec un codétenu lituanien, mais est arrêté aux abords de Pechora. Toujours en 1953, il se met en grève avec les détenus de Vorkouta, grève sévèrement réprimée.

Peu après il est envoyé dans un camp sibérien, dans la région d’Irkoutsk. L’amnistie survient en août 1956, mais il n’est pas tout à fait lavé de ses condamnations car, à Vorkouta, il s’était opposé à un chef d’équipe, qui lui avait refusé l’entrée dans une maison chauffée et avec lequel il s’était battu. Condamné pour violence, il n’est toujours pas amnistié de cette peine.

En 1959, il est libéré et va travailler à Bratsk, dont la croissance très rapide accompagne la construction de la centrale hydro-électrique. Il vit aujourd’hui dans un petit village sibérien.