Janina Borysewicz

 

Janina Borysewicz voit le jour en 1927 dans le district de Grodno en Biélorussie occidentale, alors polonaise, où son père, ancien légionnaire de Pilsudski, s’était établi en tant que colon militaire. C’est à ce titre que la famille est déportée le 10 février 1940. Son père ayant été arrêté auparavant, Janina est déportée avec sa mère enceinte et ses quatre frères et sœurs, dans la taïga de la région d’Arkangelsk. Dès 1941, la jeune fille se trouve séparée de sa famille. Elle est scolarisée dans l’école russe du village et tient tête à son professeur, ce qui lui vaut d’être placée dans une maison de correction. Sa mère ainsi que sa plus jeune sœur, née dans la taïga, meurent et ses frères et sœurs sont placés dans un orphelinat polonais, où sa sœur cadette est prise en charge par une famille polonaise déportée.
En 1943, Janina parvient à rejoindre un orphelinat polonais mais celui-ci est liquidé peu de temps après et, refusant la nationalité soviétique, elle est condamnée à une peine de travaux forcés dans un camp de la région de Kotlas. Libérée en 1944, elle est envoyée à Kharkov, en Ukraine où, la guerre terminée, elle entreprend des démarches pour rentrer en Pologne.
Personne n’attend son retour. Elle se marie pour échapper à l’hostilité que lui témoigne la famille de sa tante maternelle qui l’a accueillie. Elle parvient à trouver un emploi comme vendeuse grâce à un ami de son père qu’elle finit par retrouver en Angleterre. Ce dernier l’aide à retrouver ses frères et sœurs. Ce n’est que cinquante ans après leur séparation qu’ils reverront leur sœur cadette.
Janina vit avec l’une de ses trois filles et, fidèle à elle-même, continue à exprimer sa colère vis-à-vis des autorités. L’injustice l’insupporte.