Grigori Kovaltchouk L’instituteur

 

Grigori Kovaltchouk naît en 1944, en Ukraine occidentale. Il est déporté avec sa mère, ses frères et sa sœur, à la sortie de la guerre, dans la région d’Arhangelsk, sur dénonciation d’un voisin. On accuse son père d’avoir fait partie des banderovci, alors qu’il a été fusillé par ces mêmes banderovci pour avoir été prosoviétique.

Après deux ans de déportation, sa mère décide de s’enfuir avec ses enfants et de revenir dans son village. Elle achète un billet de train contre son foulard et fait un long voyage, passant par Moscou, qu’elle traverse d’une gare à l’autre en camion, et Kiev.
Ils restent tous quelque temps dans leur village, puis se font à nouveau dénoncer par un voisin et sont déportés au même endroit. Ensuite, ils sont envoyés en Sibérie, peut-être pour éviter que la mère ne s’enfuie à nouveau. Ils vont en train jusqu’à Bratsk, à l’époque petit village de Sibérie, puis dans un village d’Ukrainiens, près de Kaltuk. Sa sœur, Anna Kovaltchouk, travaillera jeune, très jeune, pour permettre à son frère de faire des études, ce qu’il réussira brillamment.

Aujourd’hui, Grigori est enseignant de géographie à Kaltouk. Il a travaillé quarante ans pour l’école. Il a pris sa retraite, mais a été rappelé pour enseigner à nouveau. Il est aussi musicien.