Diāna Kratiša

 

Diāna est née en Lettonie en 1933, dans une famille juive pratiquante issue des petites classes moyennes. Son père, propriétaire d’une échoppe, est inclus dans les cibles de la déportation du 14 juin 1941 comme membre de l’élite possédante. Mais, absent de son domicile au moment de l’arrestation, il n’est pris par le NKVD que le 17 juin. Sa famille est alors envoyée en Sibérie.

Condamné à une peine de trois ans, le père de Diāna revient en Lettonie après la fin de la guerre et cherche sa famille, exilée en Sibérie. Par chance, il croise au marché de Riga, alors lieu de recherches et de retrouvailles des disparus et déplacés du temps de guerre, une amie de son épouse qui connaissait le lieu de sa relégation. Après quelques mois, la famille se réunit à Riga en 1946, et se consacre à une réintégration sociale difficile, alors que la majeure partie de leurs proches a péri dans la Shoah en Lettonie occupée par les Allemands. 

En 1950, à la suite de la déportation de 1949, la famille est renvoyée en Sibérie, n’étant pas parvenue à prouver son retour légal en Lettonie en 1946. Elle est définitivement libérée en 1956. Diāna entreprend des études de pharmacologie, et épouse un Polonais. Jusqu’à aujourd’hui, le destin de sa famille, entre déportation et Shoah, la trouble profondément.