Antanas Panavas

 

Antanas Panavas naît en 1926 dans le village de Gribėnai à l’est de la Lituanie. Ses parents sont paysans et sa famille «vivait bien par rapport aux autres». A la fin de ses études secondaires à Vilnius, en 1945, soupçonné d’activités antisoviétiques il est arrêté et, sans être condamné, il est envoyé travailler dans le camp de Vorkouta, en république des Komis. Au bout de deux ans, face à l’absence de preuves de sa culpabilité, il est libéré. Cependant, sa liberté ne durera pas longtemps : en 1951, peu après son arrivée à Vilnius pour terminer sa quatrième année d’études d’architecture, il apprend que sa famille est arrêtée, subissant la dernière déportation touchant les koulaks. Le soir même, il les rejoint volontairement à la gare, pour être déportés avec eux.

La famille est exilée dans la région de Krasnoïarsk et le jeune étudiant d’architecture devient kolkhozien. Après la mort de Staline, en 1953, grâce à la compréhension du kommandant, il est autorisé à aller travailler en ville, à Krasnoïarsk. C’est dans un bureau de dessins techniques, où il travaille avec des gens de treize nationalités différentes, que Antanas va se former dans le domaine de la construction des bâtiments : «C’était une école pour toute la vie.» Dès son retour à Vilnius, en 1958, il finit ses études et travaille comme architecte dans des importants projets, en Lituanie.

Les compétences acquises lors de sa déportation ont une influence dans plusieurs de ses constructions. Pour exemple, l’église que Antanas a construit pour ses anciens compagnons allemands de déportation et qui demeure le symbole de l’amitié des diverses nationalités du goulag.