Andreï Ozerovski

 

Andreï Ozerovski naît en 1914 dans le chef-lieu de la Volhynie, à Loutsk, alors en Pologne orientale. Au cours de sa vie, il a traversé le continent eurasiatique, pour se retrouver dans la ville de Karaganda au Kazakhstan, où il coule aujourd’hui de vieux jours. Instituteur de métier, il devient le témoin sympathisant, pendant la guerre, de la résistance polonaise et ukrainienne face aux occupants nazis et aux troupes de l’armée Rouge. Il est arrêté en 1944, sous le chef d’accusation «d’activisme antisoviétique», et envoyé d’abord dans la colonie pénitentiaire de Briansk, en Biélorussie, où il survit à un régime extrêmement rude. Il passe ensuite à Arzamas 16 (aujourd’hui Sarov), où il participe à la construction d’une ville fermée, cœur de la recherche soviétique pour fabriquer la bombe. Sa déportation au Kazakhstan, en 1947, dans l’immense camp agricole de Karaganda, le Karlag, le sépare définitivement de sa région natale. Quelques mois après son arrivée au Karlag, il est envoyé purger sa peine dans le camp du Steplag, isolé au cœur des steppes arides. Comme les autres détenus, il est employé à l’extraction du cuivre dans les gisements de cette région riche en ressources minières. Libéré en 1954, il retourne à Karaganda, ville du charbon, où il s’établit et retourne à nouveau dans la mine, univers qu’il affectionne et dans le lequel il se réalise. Il s’intègre dans la société soviétique de Karaganda, aux côtés d’une population de déplacés de tout genre, proscrits de la société stalinienne comme travailleurs poussés par des mesures incitatives à faire prospérer la ville créée de toutes pièces dans les années 1930. Il renoue avec sa région natale, incluse depuis 1939 au territoire de l’Ukraine, par des voyages réguliers mais dit ne pas y avoir ses attaches principales.