Le travail en déportation

 

Le travail est au cœur de la vie en déportation. Il est toute la vie dans les camps. Il est essentiel tant pour la survie que pour l'insertion dans le monde dans lequel les déportés vont vivre.

Le travail dans les villages de déplacés spéciaux diffère de celui du camp. Dans les premiers, il s'agit le plus souvent d'un travail rural. Dans les camps, les prisonniers sont surtout utilisés aux travaux de construction de villes, de chemins de fer, d'usines et à l’aménagement des bassins houillers et miniers ainsi qu'à leur exploitation. La séparation entre déportés et prisonniers n'est cependant pas tranchée. Il existe, par exemple, des camps agricoles.

Les déportés peuvent survivre en ajoutant un travail complémentaire. Dans les camps, en revanche, le travail forcé constitue 100% de l'activité. Si tous partagent un labeur extrêmement éprouvant, le sommet de la violence est atteint dans les camps. Les déportés découvrent un travail qu'on leur impose. Ils sont souvent recrutés, comme dans un marché aux esclaves, à leur arrivée, par les chefs de kolkhoze. La limite entre travailleurs libres et déportés ou prisonniers n’est pas toujours précise, dans ces lieux où le travail forcé est omniprésent. Souvent, à l’issue de leur peine, les prisonniers restent sur place. Les déplacés spéciaux se mêlent souvent aux locaux, dans les mêmes équipes de travail et avec les mêmes modalités.

Le travail forcé constitue l'un des modes essentiels du développement industriel de l'URSS. Malgré sa très faible rentabilité et ses coûts humains extrêmement élevés, il est omniprésent dans plusieurs régions d’URSS.

Texte : Alain Blum et Emilia Koustova