Jonas Volungevičius : Un retour difficile

 

Pour trouver du travail, c'était très difficile. Je suis allé dans d’innombrables entreprises et usines. Les connaissances et les amis d'école ont aussi essayé de m'embaucher. Partout on était bloqué dès qu'on avait à faire au service du personnel. Partout ils disaient : on n'a pas besoin. Par exemple, à l'usine d'ordinateurs, où j'avais quelqu'un de la famille, ils m’ont demandé au service du personnel : tu es donc rééduqué ? Je répondais que ce n'était pas leur affaire, il y en avait d'autres qui s'occupaient de ma rééducation, moi je venais pour chercher du travail. Je suis allé chez un chef d'atelier à l'usine d'ordinateurs. À l'époque, ils avaient besoin de gens capables de faire des activités culturelles, c'était à la mode, ils avaient besoin de musiciens, chanteurs, etc...  je suis allé au service du personnel...et eux... Une nouvelle usine était en train d’être créée, une usine de pharmaceutique. A l'époque, ils manquaient d’ouvriers. Là-bas, on m'a dit : chez nous il y a beaucoup de jeunes, nous n'avons pas besoin de gens comme vous, dangereux. Je suis allé au Théâtre de l’opéra et du ballet. Là-bas, ils m'ont dit : venez dans trois jours, nous allons demander l'avis du KGB. Ils ont parlé ouvertement, ils étaient probablement encore inexpérimentés. Je suis revenu trois jours plus tard, ils m'ont dit : non, c'est négatif. Je suis allé à l'Académie de musique, le recteur Karnavičius m'a dit : bien volontiers, si vous apportez une autorisation du KGB. Donc cela a encore été négatif. Finalement, je me suis fait embaucher à l’usine des beaux-arts, mais au deuxième essai. Le chef du service du personnel, une jeune femme, voulait vraiment m'aider. Elle m’a dit : voilà, le directeur est tout juste rentré de France, je vais lui poser la question. Puis elle est revenu et m'a dit : non, il n'est pas d'accord. Elle m'a dit d’essayer de trouver ailleurs et, si ça ne marchait pas, de revenir la voir, peut-être on trouverait quelque chose. Je suis parti, j'ai cherché encore dans quelques endroits. Et de nouveau là-bas, un peintre m'a dit qu'il essaierait encore de parler au directeur. Cette fois ça a marché et je me suis installé à l’usine des beaux-arts.

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Certificat de libération (1970).
© Jonas Volungevičius