Anatolij Smilingis : La relégation éternelle

 

Le caractère d’Anatolij est tel que les autres déportés et tous ceux qui croisent son chemin l’apprécient et n’hésitent pas à lui faire des confidences. A plusieurs reprises au cours de son récit, Anatolij explique que certaines rencontres auraient pu lui permettre de quitter la terre de relégation. Dans cette séquence, il revient sur la libération des Chinois à la fin de la guerre. Les relations sino-soviétiques s’étant améliorées, les Chinois retenus en exil avaient pu échanger leurs anciens passeports d’apatrides contre de nouveaux passeports chinois en bonne et due forme. Ve Tshen Sian, un déporté avec lequel Anatolij avait sympathisé, décide de lui faire partager cet heureux moment en lui montrant son nouveau passeport. Il lui annonce qu’il va bientôt rentrer chez lui et lui propose de l’adopter pour qu’ils se lancent ensemble dans cette aventure. Encore adolescent, Anatolij ne saisit pas bien ce qu’il irait faire en Chine et se dit condamné à la relégation éternelle. Malgré l’insistance de son ami, Anatolij refuse de quitter la République Komi, à laquelle, de toute évidence, il avait fini par s’attacher. Quand elles l’ont appris, les Lituaniennes du village l’ont assommé de reproches. Pourquoi donc n’était-il pas parti? Cette question reste encore sans réponse.

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Anatolij avec un rapace apprivoisé, 1952.
© Anatolij Smilingis