Antanas Seikalis : Sur l’élimination des espions dans les camps

 

 

«Il y a eu des cas, bien entendu, très rares, mais il y en a eu. C’était surtout en 1950-1951 quand on a commencé à tuer les informateurs dans les camps. Un informateur ne pouvait être tué que par quelqu’un de sa nationalité. Si un Ukrainien informait la direction du camp sur moi ce n’était pas à moi de le tuer. J’allais voir les Ukrainiens et les Ukrainiens décidaient de son sort. Il lui donnait un premier avertissement, puis un second et si cela ne suffisait pas, c’en était fini avec lui. Mais, soi-même, on n’avait pas le droit de l’exécuter.

Très souvent j’ai été transféré d’un camp à un autre ; en Mordovie il y avait un camp de transfert où on a rassemblé de nombreux camps. Il y a eu des cas de vengeance parce que les gens ne se connaissaient pas personnellement. C’était en 1951-1952. Je sais qu’un médecin a été tué à cette époque, un médecin russe, mais personne n’a su qui l’a tué. Il a été pratiquement tué en ma présence. Les médecins avaient le droit d’accorder des dispenses de travail. Je pense qu’il n’avait pas voulu accorder une dispense à l’un ou à l’autre. Il n’a donc pas été tué pour des raisons politiques, mais par vengeance personnelle, si vous voulez. En même temps, je peux vous dire qu’il y avait plus de crimes dans le monde extérieur qu’à l’intérieur de ce monde.»

 

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Prisonniers politiques lituaniens à Dzhezkazgan, Kazakhstan.
© Musée des victimes du génocide, Vilnius