La répression dans les territoires annexés à l'URSS - 1944-1952 : Repères chronologiques 1943 -1952

 

  

1943
Février :La victoire de Stalingrad, marque l’un des tournants de la Seconde guerre mondiale.
Novembre : déportation en Asie centrale d’environ 69 000 Karatchaïs du Caucase. Il s’agit de la première opération collective contre un « peuple puni », accusé de collaboration massive avec l’occupant, et expulsé de ses terres dans son intégralité. Les autonomies nationales dont disposaient ces peuples sont supprimées (région autonome des Karatchaïs, République de Kabardie-Balkarie, République de Tchétchénie-Ingouchie, République de Kalmoukie).
Décembre : déportation en Asie centrale d’environ 92 000 Kalmoukes du Caucase.
  
1944
Février : déportation d’environs 387 000 Tchétchènes, 91 000 Ingouches et 37 000 Balkares du Caucase du Nord.
Novembre : déportation d’environ 92 000 Meskhètes, Kurdes et Khemchiles de Géorgie.
Mai : déportation d’environ 187 000 Tatares, 22 000 Bulgares et Arméniens de Crimée, 40 000 Grecs de Crimée, Géorgie, Arménie et des régions de Krasnodar et Rostov.
30 juillet : Staline ordonne le désarmement, l’arrestation et la déportation des officiers et soldats polonais de l’Armée de libération polonaise (AK) qui avaient participé à l’opération Burza (Tempête).
Décembre : déportation d’environ 110 000 germanophones (les Volksdeutsche) résidant en Hongrie, Roumanie, Bulgarie et Yougoslavie.

Hiver 1944-juin 1945
En Russie subcarpatique sont arrêtés les membres du parti agraire et du parti hongrois, les émigrés russes des années 1920, les nationalistes ukrainiens et biélorusses, les Tchèques et Slovaques qui s’opposaient au rattachement de la Russie subcarpatique à l’URSS.
  
Printemps 1944-1951
Arrestation et déportation de centaines de milliers de collaborateurs (réels ou présumés), de membres de l’Organisation nationaliste ukrainienne (OUN), de combattants de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), de partisans biélorusses, de résistants baltes, réels ou présumés, luttant avec les armes contre l’occupation soviétique. Les familles des résistants ukrainiens et baltes que les Soviétiques désignent comme « bandits » sont déportés dans des villages spéciaux en Sibérie et dans le Grand Nord.
  
1945
Janvier : déportation d’environ 70 000 Saxons et Souabes (roumains germanophones) de Transylvanie méridionale (Roumanie) dans le Donbass, bassin minier en Union soviétique, et dans d’autres bassins industriels ukrainiens.
Printemps : déportation d’environ 100 000 personnes de Slovaquie ; une partie est amenée de force en URSS, surtout dans la région du Donbass, pour aider à la reconstruction ; d’autres sont condamnés comme « criminels de guerre » pour avoir combattu aux cotés des Allemands, des Hongrois ou des Slovaques (la Slovaquie avait profité de la domination de l’Allemagne nazie pour proclamer son indépendance).
Avril : dans les jours qui suivent la libération de la Tchécoslovaquie par l’Armée rouge et jusqu’en février 1948, le NKVD arrête et déporte en URSS les émigrés russes qui avaient fui le régime bolchevique dans les années 1920 et 1930, essentiellement des membres de l’élite culturelle et économique (ingénieurs, juristes, journalistes, écrivains, traducteurs, officiers, professeurs, diplomates, commerçants).
À partir d’avril 1945 : déportation d’environ 800 000 travailleurs forcés (dont 500 000 Allemands) des pays occupés par l’Armée rouge au titre des réparations de guerre.8-9 mai 1945 : capitulation de l’Allemagne. L’Armée rouge occupe une partie du territoire allemand ainsi que les pays d’Europe de l’Est.
Printemps-été : déportation des germanophones (les Volksdeutsche) résidant en Lituanie.
En Europe centrale et orientale, sont arrêtés et déportés en URSS de nombreuses personnes pouvant constituer un obstacle à la mise en place de régimes prosoviétiques.
  
1948
Mai : au moment de la collectivisation des terres en Lituanie, le NKVD lance l’opération Vesna (« printemps ») : 40 000 paysans, dont 11 000 enfants, sont déportés dans des villages des régions de Krasnoïarsk, d’Irkoutsk et de Bouriatie.
  
1949
Mars : opération de déportation de masse dans les pays baltes, essentiellement dans les campagnes.
En Lituanie, cette opération porte le nom de Priboï (« ressac ») : Près de 9 000 familles lituaniennes, soit environ 30 000 personnes, sont déportées en Sibérie.
Avril : Opération de déportation analogue, menée en Moldavie.
Mai : Opération de déportation des Grecs de Géorgie.
  
1951
De juin 1949 jusqu’en août 1952, des déportations plus ou moins importantes sont organisées dans les pays baltes. À l’automne, une opération de masse, intitulée Osen (« automne »), est menée exclusivement en Lituanie et elle a comme cible uniquement les paysans qui n’adhéraient pas aux exploitations collectives. Plus de 16 000 personnes, dont 5 000 enfants, sont déportées dans la région de Krasnoïarsk.

   Alain Blum et Marta Craveri