Vivre après le goulag : Iaroslav Pogarski raconte son exclusion

 

«Je n’ai pu devenir ni pionnier, ni komsomol, je n’ai pu entrer dans aucune organisation. Vous imaginez, comme c’est douloureux !
Quand les komsomols de la classe se réunissent, moi, Pogarskij, je dois sortir !
Quand la classe va récolter des plantes médicinales, “Pogarskij, tu ne viens pas !”
Quand la classe va nettoyer la rue, “Pogarskij, toi, tu restes ! Seuls viennent les komsomols.”
Vous savez, ça laisse une blessure profonde dans l’âme.
Mon père disait, je me souviens de ses mots, il disait “mon petit, tant que tu peux, étudie ! Toutes les portes sont fermées devant nous. Tant que tu peux, étudie !”

Le fait qu’on ne m’invitait jamais aux manifestations, ça a marqué mon caractère. J’ai fini par les éviter. Quand un collectif se rassemblait, je ne m’en mêlais pas. Je savais que ce n’était pas pour  moi. C’était très dur.

Ça a marqué mon caractère quand j’étais enfant. Ça m’a influencé plus grand et ça continue à m’influencer.»

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Iaroslav Pogarski à Pereiaslav (Ukraine), le 3 avril 2009
© CERCEC & RFI