Anna Kovaltchouk-Tarassova : Violence : les viols durant la guerre

 

«Nous lui avons construit sa [la tante d’Anna] maison, une petite maison en brique avec deux pièces. Et après, à nouveau, un gars de Bandera est venu, quand cet Allemand est mort. Ce gars est venu et l’a rendue enceinte ; un homme, simplement du village, il est venu et l’a violée.

Il a dit “Ouvre-moi”, elle a ouvert, que pouvait-elle faire, quelle porte y avait-il à sa maison ? Et voilà. Voilà comment était alors la vie. Il n’y avait aucune autorité. Le maître, qui est en position d’autorité, a toute les femmes qu’il veut. Bien sûr, ils violaient.

Mais, il y avait aussi parmi eux des personnes bien. [Le mari d'Anna intervient :] – Oui, cet Allemand qui donnait du chocolat à Anna, – [Anna, à nouveau] il me prenait dans ses bras et me donnait des sucreries. Mais j’avais aussi compris qu’il avait des enfants chez lui. Il me les a montrés, sur des photos.

En quatre ans, j'ai appris à bien parler allemand. J’entendais parler allemand chaque jour et j’avais une bonne mémoire. Il y en avait des biens, des Allemands, qui parlaient avec nous, pas tous. Tous les enfants se sont mis à parler allemand. Nous étions habitués à entendre parler allemand.»

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Anna Kovaltchouk-Tarassova à Irkoutsk, le 1er septembre 2009
© CERCEC & RFI