Vera Chopik-Drozd : A la prison de Ternopil en juin 1941

 

 

«Ma mère avec une autre veuve ont attelé les chevaux et nous sommes parties à Ternopil. C’était au mois de juin. Il faisait très chaud. On sentait de la puanteur et les mouches volaient partout. Nous n’avons pas pu approcher la prison. Les policiers allemands armés de matraques nous ont stoppées devant l’entrée. Nous sommes descendues du chariot, ma mère a pris ma main et nous nous sommes approchées. La prison était entourée de camions et le portail était bloqué par deux chars. 

Le silence régnait. J’ai compris que les Allemands, en s’emparant de la prison, avaient creusé une fosse. Et quand nous avons regardé la fosse, elle était déjà ouverte. Et il faisait très chaud. Il y avait beaucoup de mouches et on sentait la puanteur. Toute la ville de Ternopil avait dû être aspergée de produits chimiques.

Et les gens regardaient et pleuraient : la prison était remplie de cadavres. La fosse aussi était remplie de cadavres et le mur était couvert de traces de balles.»

 

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Un combattant de l’armée insurrectionnelle ukrainienne.
© Vera Chopik-Drozd