Irena Ašmontaitė - Giedrienė : La vie à l'orphelinat

 

… on a donné une autorisation pour qu'on me ramène.
Dans ce Baloun, nous vivions sans électricité. Six mois de nuit, totale, polaire. Il y avait un mois de jour continu, le mois de juin. La nuit, des ours blancs se promenaient autour de la maison, farfouillaient … A la place de vitres aux fenêtres on nous installait des plaques de glace, parce que le verre ne supportait pas un froid de -60°C. Nous obtenions de l’eau en faisant fondre de la neige, on ramenait la glace de la rivière à l'hospice d'enfants. S'il fallait préparer un bain ou autre chose, on apportait des morceaux de glace. Une fois par mois, ils préparaient un bain… L'été, il fallait chercher du combustible. Là-bas, rien ne poussait, rien, que des petits buissons, il n'y avait pas d'arbres. Ils descendaient des rondins sur la rivière de la région d’Iakutsk vers l'aval. Les garçons plus grands de l'hospice les sortaient de l’eau, les découpaient sur la berge, et nous les portions sur cette hauteur pour avoir un peu de réserves pour l'hiver. Il n'y avait pas d'électricité, nous étions avec des lampes à huile. Nous allions à l'école, mais si un blizzard se levait, on ne pouvait pas mettre un pied dehors. Il arrivait qu'on installe des cordes de l'hospice jusqu'à l'école. Tu sortais et il semblait que ça allait, mais soudain tu ne voyais plus où aller. En s'agrippant à ces cordes, soit nous arrivions jusqu'à l'école, soit nous rentrions.

Vous devez installer Flash Player pour lire ce média.

Irena Ašmontaitė-Giedrienė à Vilnius le 27 octobre 2009.
© CERCEC & RFI