Irena Ašmontaitė - Giedrienė : Enfant de glace

 

En 1941, Irena Ašmontaitė-Giedrienė, son frère et sa sœur sont déportés dans la région de l'Altaï, avec leur mère, qui attendait son quatrième enfant. Un an plus tard, ils sont déplacés dans l’extrême-nord sibérien près du delta de la Léna, pour être «une force de travail faible». Elle se souvient des maladies et des décès dans sa famille :

«C’était l’année 1942. Ma mère est tombée gravement malade, elle travaillait… Je ne sais où… ils ont construit une baraque, elle a commencé à travailler dans l’hôpital qu’ils y ont installé, c’était une unité d’hôpital, quelques chambres. Quand elle est tombée malade, ils l’ont hospitalisée là-bas, car le scorbut, la famine, les maladies avaient commencé. Chaque jour on enterrait 10-12 personnes. Il n’y avait pas de cimetière, il y avait de grandes fosses. Trofimovsk était comme sur une île de glace, ils faisaient des trous dans la glace. On les allongeait tous, les uns après les autres, par centaines, par milliers.

Mon frère a été pris dans une brigade de pêcheurs, il avait 15 ans. Mon petit frère était né dans la région d’Altaï, il n’avait pas encore 1 an. Ils nous ont mis tous les trois dans un hospice pour enfants. C’était une baraque avec un côté pour l’hôpital et l’autre côté pour l’hospice. Nous nous sommes installés dans cet hospice. Peu de temps après, on s’est réveillé un matin et on a trouvé notre petit frère mort. Une éducatrice nous a emmenés voir notre mère. Elle était à l’hôpital, elle ne pouvait pas parler, elle était toute enflée, elle a juste demandé où était Romukas, le petit frère, il n’était pas avec nous. Nous avons dit qu’il était mort. Elle a fermé les yeux, des larmes ont coulé, on nous a fait sortir de là. Trois jours après, l’éducatrice est venue nous dire que notre mère était morte…»

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Irena Ašmontaitė-Giedrienė sur les genoux de sa mère, en 1935
© Irena Ašmontaitė-Giedrienė